À propos

Le Terrien immatriculé 01061955-AFR-CM qui a ourdi cette cavité virtuelle se voulant à champ de sillage est vraisemblablement atteint de candidose aigüe. Connue de toute l’Antiquité, cette maladie mentale qui n’est somme toute pas si rare affecte couramment un petit pourcentage de bipèdes à gros cerveau sur la planète. Les sujets atteints de candidose aigüe sont de nos jours réfractaires au néo-cynisme qui gouverne le monde post-Lumières définitivement global et globalisé. Par ailleurs, la rationalité capitaliste, à son point d’exacerbation et de déraison actuel, leur donne des céphalées violentes. Dans les contextes africains de la « promesse inachevée », où le rétrécissement de soi est tellement la norme en vigueur depuis l’Indépendance, ce trouble du comportement peut prendre une forme sévère, et particulièrement en Gomboland, un beau pays subsaharien situé au voisinage nord de la latitude zéro, richement doté pourtant par la nature, mais dorénavant classé pauvre et très endetté selon les critères de Bretton-Woods, et où réside le Terrien susmentionné.

Pour n’être certes point une maladie infectieuse, la candidose n’en demeure pas moins à prendre avec quelques précautions. Les Terriens et Terriennes sensibles, exposé(e)s plus ou moins longtemps aux actes de langage du Terrien immatriculé 01061955-AFR-CM, courent en effet le risque d’une irradiation allant de bénigne à grave. Et c’est peut-être encore peu dire, d’où la présente mise garde aux visiteurs tentés par une flânerie. Dans cette dimension, la trivialité n’existe tout simplement pas, ou alors elle est rarissime, réduite à la portion congrue, sinon tenue en respect : point trop n’en faut, car elle rend vite insipide le réel. La candidose n’est cependant pas à confondre avec la rousseauite. Le sujet atteint se place en règle générale sous la splendide formule icarienne de René Char: la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. Ce n’est pas exactement rien. Les bourlingueurs de papier sont donc ici prévenus : ils débarquent à leurs risques et périls dans un interstice brûlant, mine de rien, incandescent comme la lave des volcans percolant du réservoir magmatique de la Terre. Quant aux autres cybernautes, pour eux et pour elles, ce sera bon toujours vent, parfois une descente en slalom, une randonnée aléatoire ou l’escalade vertigineuse d’une face nord, voire un tranquille trip sous influence, une régate dans la baie du savoir, avec le souffle de la curiosité et des rêves gonflant les voiles.

 
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